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Planche dressée pour le 50ème anniversaire du réveil
de la R
\L\ Egalité Justice Progrès à l'O\ de Sedan.

 

. La Franc-Maçonnerie à Sedan.

 

      Les débuts de la Franc-Maçonnerie française sont très obscurs. Malgré la similitude des symboles, aucun lien ne la rattache aux anciennes confréries du bâtiment qui construisirent nos cathédrales. Un hiatus de 300 ans sépare les dernières manifestations de nos maçons tailleurs de pierre du XIVéme siècle, et l'apparition de nos Loges au  XVIIIéme siècles.

 

       Mais on trouvera en Angleterre et en Ecosse des confréries de métier qui conservèrent encore pendant ce temps leur absolue indépendance pour garder secret dans leur loge, à huis clos, les raisons de leur savoir-faire, leur personnalité mystique et leur rituel complexe.

 

      Ce particularisme permettait à des sociétés de pensée souvent inquiétées par les shérifs, de mettre leurs réunions sous la protection des franchises concédées aux confrères ouvriers. Ainsi apparurent les "acceptés", notamment les "acceptés maçons", les "maçons acceptés" dans une confrérie migrante de chantier en chantier. A leur départ d'un lieu pour un autre, les "opératifs" laissaient aux acceptés sur place des loges qui, sous la protection du statut des francs-maçons, devenaient  purement spéculatives. Conservant les obligations coutumières de la confrérie, les affiliés à ces loges de réflexion auront désormais à travailler sur des thèmes libres ou proposés, à présenter des rapports, à répondre aux intervenants, à revenir sur leur certitude. Ils seront dans une ambiance élitiste et fraternelle, tirés culturellement vers le haut.

 

      Quatre loges de cet esprit existaient à Londres en 1715. De leur réunion en 1717 sortait la Grande Loge d'Angleterre qui, dotée du pouvoir constituant initial, installait selon la tradition les premières loges françaises entre 1720 et 1730. Les loges régulières comprenaient au moins sept membres, un Maître, quatre Compagnons dont deux faisaient office de gardiens, et deux Apprentis. Le Maître était de loin le personnage essentiel. Il avait reçu de la Grande Loge d'Angleterre contre argent comptant, des constitutions exclusivement personnelles et les patentes nécessaires à l'ouverture de sa loge. Dés 1735, on voit des Compagnons avides de reconnaissance acheter à des Maîtres ingrats, au meilleur prix; les constitutions et les patentes indispensables à l'ouverture de loges qualifiées en la circonstance,  d'irrégulières.

 

       Régulières ou non, les loges françaises ont une grande similitude. Elles observent  l'essentiel des Constitutions originales. Elles ne connaissent que les grades symboliques d'Apprenti, de Compagnon et de Maître de loge, ce dernier titre étant réservé au seul propriétaire de l'atelier. Elles identifient les lieux de leurs tenues avec du matériel symbolique. Elles forment enfin un réseau international de relations discrètes et amicales.

 

      Mais à la longue, bon nombre de ces loges finissaient aussi par recruter des bandes de joyeux drilles prompts à ritualiser les ripailles, et à railler les interdits royaux ou religieux. Ces relâchements étaient d'autant plus regrettables qu'ils débordaient dans le public, retenaient l'attention d'une police tracassière, et attiraient les foudres d'un clergé ultramontain.

 

      Pour réprimer plus facilement la propension aux déviances, les Maîtres de Loge de Paris décidaient de s'affranchir de ce qui venait d'un pays étranger, protestant de surcroît, et de créer leurs propres organes de gestion. Ils s'attribuaient en 1738 le pouvoir de nommer eux-mêmes une Grande Maîtrise perpétuelle. Le Grand Maître inamovible était choisi catholique et de haute naissance pour rassurer le Roi. Il était au besoin initié aux trois grades au moment de sa nomination. Son pouvoir était exorbitant. Il désignait seul ses officiers et  nulle loge ne pouvait recevoir de nouveaux maçons qu'avec son approbation. Le 11 décembre 1743, les Maîtres de la capitale, encore eux, se déclaraient membres d'un conseil d'administration qui devenait par la circulaire du 14 août 1766, la Grande Loge Nationale prête à gérer toutes les loges de France et de Navarre.

 

      Mais les francs-maçons provinciaux ne l'entendaient pas de cette oreille. Ils exigeaient de pouvoir intervenir dans une administration générale. Forts de leur nombre, les contestataires intégraient le 26 juin 1773 la Grande Loge Nationale dans un Grand Orient De France subordonné aux loges du royaume. Les statuts de cette organisation disposaient que les Maîtres de loge inamovibles seraient après remboursement de leurs dépenses, remplacés par des Vénérables amovibles ; les anciens propriétaires auraient en compensation le titre d'Ancien Maître leur donnant la préséance sur tous les Frères de l'atelier, sauf sur le Vénérable en exercice. Le Grand Orient se composait ainsi des Vénérables, ou de leurs représentants, choisis librement pour cette dignité par leurs pairs, des Compagnons devenus Maîtres. Assemblée délibérante dans ses Loges, dans ses congrès régionaux et dans ses Convents, le Grand Orient s'octroyait à lui seul le droit de légiférer pour l'Obédience. Mais ce droit était souvent contesté par une Grande Maîtrise inamovible qui, non concernée par la réforme, usait de ses prérogatives.

 

       A l'époque, on dénombrait à Sedan 3 loges travaillant sous l'égide du Grand Architecte de l'Univers : Les Frères Zélés ; Les Amis Réunis et La famille Unie.   

      

       Les Frères Zélés avaient été installés par leur maître, Dujeay de Rosoy, assisté de 8 officiers Compagnons. Cet atelier disparaîtra rapidement de la circulation, probablement avec le refus du Maître de loge de remettre en cause son droit de propriété.

 

       Se réglant sur les nouveaux statuts,  Les Amis Réunis avaient racheté les constitutions et les patentes de son ex-maître de loge Joseph François Héguy, puis reconnu de nombreux maîtres sur les Colonnes. La loge regroupait autour d'un prêtre gallican, Grégoire Michel Kollofer, aumônier au Maine Infanterie, des notables majoritairement catholiques.

 

      A l'opposé, La Famille Unie réunissait des notables majoritairement de la religion prétendue réformée. Principale loge sedanaise dans le dernier tiers du XVIIIème siècle, on y trouve au temps du Vénérable Duchesne de Ruville, écuyer commissaire provincial, quelques officiers au régiment de Nassau-Infanterie, le baron de Stonne, mousquetaire du roi, et le seigneur engagiste Labauche de Bazeille qui devait sa seigneurie à un  "engagement du domaine de la couronne en récompense d'une avance d'argent faite au monarque".

 

      Dans le Royaume, la situation financière déjà peu brillante à l'arrivée de Louis XVI, s'était aggravée avec l'expédition d'Amérique. L'opération menée pour consolider l'indépendance d'un peuple de marchands avait augmenté la détresse du trésor : la France se retrouvait incapable d'honorer ses dettes. Afin de remédier à cette situation de banqueroute, Louis XVI était contraint d'annoncer le 8 août 1788 qu'il demanderait de gros efforts aux Etats Généraux fixés au 1er mai de l'année suivante. Pour atténuer les mouvements d'humeur inopportuns, le règlement du 24 janvier 1789 prévoyait la rédaction des cahiers de doléances. Ces cahiers étaient en général rédigés sur des modèles sortis soit des évêchés, soit des loges maçonniques. Des propositions quasiment identiques s'y retrouvaient pour assurer l'égalité de tous les sujets devant le roi et devant la loi. Le cahier de doléances du pays sedanais sera rédigé et signé par 54 notables du cru.

 

      Mais les événements se précipitent à Paris. Les passions s'emparent des loges et divisent profondément la Maçonnerie. Dans tous les Orients,  les Frères abandonnent les Colonnes pour mieux s'affronter dans les clubs. Peu à peu, les loges soupçonnées de soutenir les contre-révolutionaires, se plongent dans un inquiétant sommeil.

 

      Apparaît alors à Sedan, en 1792, le commandant en chef de l'armée du Nord, responsable du corps d'armée des Ardennes, le Frère Marie Joseph Yves Roch Gilbert Motier marquis de La Fayette, alias l'américain. Celui-ci se rapproche  naturellement des amis qu'il sait avoir dans la région. Il établit ses quartiers chez le Frère Rousseau de Givonne, à la villa "Mon repos", située au Moulin à vent. Royaliste constitutionnel, La Fayette dénonce la fureur des jacobins et fait incarcérer par le Conseil municipal les commissaires venus de Paris pour apprendre à l'armée les motifs de la suspension du Roi.

 

       La Fayette se propose de marcher sur Paris pour restaurer l'autorité royale. Mais l'armée refuse, et il n'a de ressource que de fuir en Belgique avec son état-major. Laissé dans l'embarras, le conseil municipal de Sedan libère les commissaires de la république qui, magnanimes, admettent la justification de leur mésaventure. Il n'empêche que, dénoncés 2 ans plus tard pour ces faits par des sans-culottes, 28 notables sur les 31 composant notre conseil municipal seront condamnés à mort le 3 juin 1794 ; 27 éternuerons le lendemain dans le panier à Sanson ; le 28ème, malade intransportable sera sauvé par le 9 thermidor.    

   

      Mises en sommeil en 1791 les loges se réveillent lentement à partir de 1795 en ayant toujours comme principe l'existence de Dieu et l'immortalité de l'âme. A Sedan, La Famille Unis reprend seule, ses travaux le 22 décembre 1807 (annexe 8). La Franc-Maçonnerie, en acceptant une Grande Maîtrise à l'image des gouvernants, bénéficie de la bienveillance du 1er Empire et de la Restauration. Mais les Francs Maçons français, sous Louis-Philippe et sous Napoléon III, amorcent et consolident leur émancipation à l'égard des pouvoirs personnels. Déviante de l'Art royal anglais, la voie substituée est définitivement tracée. Elle sera démocratique, républicaine, et sociale.

 

      S'éloignant après 1870 des régimes d'autorité, la Maçonnerie va rapidement évoluer. Le  6 septembre 1871 Le Grand Orient balaie la Grande Maîtrise inamovible (annexe 9) et la remplace par le Conseil de l'Ordre dont les membres sont élus au suffrage indirect. Les députés de Loge désignent à leur congrès régional les candidats dont les noms sont proposés à la ratification des députés élus au convent. La durée du mandat est de 3 ans. A l'intérieur du Conseil de l'ordre, ses membres choisissent annuellement leur président, les vice-présidents, et les officiers dignitaires. Le président du Conseil de l'Ordre n'est plus que le directeur des travaux. Il reprend pendant un an le titre de Grand Maître pour conduire l'Obédience suivant les instructions reçues des Convents. Autour de lui, les Très Illustres Frères membres du Conseil de l'Ordre assurent la permanence de la doctrine maçonnique.   

                                                           

                                                       

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